Soutenance de Wenxun Fu

21 November 2025 par Roland Trouville
L'accent mandarin en français: caractérisation et remédiation
La soutenance aura lieu le 28 novembre 2025 à 14h, à l’adresse suivante :
 
Salle de conférence au RdC,
Centre Culturel Irlandais (en face de la maison de la recherche)

5, rue des Irlandais
75005 Paris


Le jury sera composé de :
  • Mme Martine Adda-Decker, DR-Université Sorbonne Nouvelle (Directrice de thèse)
  • Mme Barbara Kühnert, MDC-Université Sorbonne Nouvelle (Directrice de thèse)
  • Mme Claire Pillot-Loiseau, PR- Université Sorbonne Nouvelle (Présidente)
  • M. Fabian Santiago, MDC, HDR- Université Paris 8 (Rapporteur)
  • Mme Ioana Vasilescu, DR-Université Paris-Saclay (Rapportrice)
  • Yaru Wu, MDC- Université de Caen Normandie (Examinatrice)

 

L’accent mandarin en français: caractérisation et remédiation

La qualité de l’accent étranger est fortement influencée par la langue maternelle, ce qui rend essentiel, dans l’enseignement des langues, de cibler les sons absents ou différents de la L1. Or, une prononciation précise dépasse les mots isolés : la parole naturelle inclut réductions et variations liées au style, au contexte et aux facteurs sociaux. Alors que les natifs gèrent ces changements spontanément, les apprenants L2 peinent souvent à le faire. Cette étude analyse les difficultés segmentales de locuteurs mandarin apprenant le français lors de lecture de mots, de lecture de texte et de conversation spontanée. Plus de sept heures d’enregistrements de 20 apprenants et 10 natifs révèlent plusieurs traits : voyelles arrondies moins marquées, voyelles nasales souvent confondues, réalisation de /ɥi/ avec transition insuffisante proche de /y/, et fricatives voisées fréquemment dévoisées, surtout en position finale. Les principales différences concernent la réduction vocalique et le voisement des fricatives lorsque la parole devient plus continue. Sur cette base, nous avons conçu un programme extrascolaire de formation à la prononciation utilisant des enregistrements de natifs. Trente-six apprenants du français en Chine ont suivi quatre semaines d’imitation ou de shadowing. Les posttests montrent des progrès significatifs en perception et production des fricatives voisées et de /ɥi/. Les débutants progressent davantage avec l’imitation, les intermédiaires avec le shadowing, soulignant l’importance d’adapter les méthodes au niveau. Les mots en contexte s’améliorent moins que les mots isolés, confirmant que la parole continue requiert une attention pédagogique accrue.

 

Mots clés : Français langue étrangère (FLE), acquisition en L2 dans différents styles oraux, shadowing, imitation en apprentissage de langues, apprentissage autonome à la prononciation, accent du français chez les apprenants mandarins

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The Mandarin accent in French: characterization and remediation

Foreign accent quality is strongly influenced by learners’ native language, making it crucial for L2 instruction to target sounds absent from, or different in, the L1. Yet accurate pronunciation extends beyond isolated words: natural speech includes reduction and variation shaped by style, context, and social factors. While native speakers manage these shifts naturally, L2 learners often struggle. This study examines segmental difficulties among Mandarin learners of French across isolated word reading, text reading, and spontaneous conversation. Over seven hours of data from 20 learners and 10 natives revealed key features of Mandarin-accented French: rounded vowels are less rounded than native speech; nasal vowels, absent from Mandarin, are frequently confused; /ɥi/ is produced with insufficient transition, approaching /y/; and voiced fricatives, also largely absent, are often devoiced, particularly in word-final position. The main differences between natives and learners as style shifted to more continuous speech lay in the amount of vowel reduction and the degree of fricative voicing. Based on these findings, we designed an extracurricular training program using native recordings. Thirty-six Mandarin learners of French at BLCU completed four weeks of imitation or shadowing. Post-tests showed significant gains in perception and production of voiced fricatives and /ɥi/, while progress of nasal vowels remained inconclusive. Beginners improved most with imitation, intermediates with shadowing—highlighting the need to adapt methods to proficiency. Words in sentences improved less than isolated words, confirming that continuous speech requires greater pedagogical focus.

Keywords: French as a foreign language (FFL), L2 acquisition in different speaking styles, shadowing technique, imitation in language learning, autonomous pronunciation learning, French accent of Mandarin speakers

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