Cette thèse s’intéresse à l’impact de la dysphonie à travers trois grands axes : la représentation de sa propre voix, la transmission du message et la perception d’autrui. Nous nous basons sur deux populations de femmes professeures des écoles (PE), l’une de 709 PE interrogées via internet et l’autre de 61 locutrices PE enregistrées en conditions contrôlées. À partir d’une évaluation perceptive experte sur l’échelle GRBAS, nos locutrices ont été catégorisées en deux groupes de 37 témoins et 24 dysphoniques légères. Outre les importantes plaintes vocales et l’altération de la qualité de vie qui touchent nos deux populations, nous observons un effet de l’âge des élèves sur la prévalence des troubles vocaux. L’analyse des productions de nos locutrices en lecture calme ou face à une classe bruyante suggère que les PE utilisent des stratégies d’adaptation dans leur pratique professionnelle qui pourraient être impactées par la dysphonie. La dysphonie semble également impacter la transmission de l’information à destination d’élèves de 7 à 10 ans puisque des temps de réaction plus longs sont relevés lors du décodage du contraste de voisement dans une tâche d’identification de mot lorsque la consigne est produite par une locutrice dysphonique. Enfin, suite à une première tâche de catégorisation libre, l’attribution de traits de personnalité par un panel d’auditeurs naïfs se basant uniquement sur la voix des PE met en évidence des profils vocaux associés à des représentations plus ou moins positives. L’accord modéré constaté entre le degré de trouble vocal perçu et l’évaluation experte de la dysphonie semble lié à la perception positive de la raucité par les auditeurs naïfs.
Catégorie d'événements : Soutenances
Soutenance de Thèse de Bowei Shao
Chinese languages have a set of segments known as ‘apical vowels’ (舌尖元音 in Chinese). Their exact nature is still the source of an ongoing debate: Are they consonants or vowels? ‘Apical vowels’ have been analysed in previous studies as genuine vowels, fricative vowels, syllabic fricatives, or syllabic approximants. This dissertation is concerned with the apical vowel attested in Jixi-Hui Chinese. I examine this segment from phonetic and phonological perspectives and show that it is best defined as a voiced fricative consonant (transcribed /z̩/). Phonologically, this segment is a distinct phoneme from /i/. It is exclusively attested in syllable nucleus position where it constitutes a tone-bearing unit. It can appear not only after coronal sibilants /s ts tsh/, but also bilabials /p ph/ and nasals /m n/. Phonetically, the acoustic and articulatory characteristics of this segment are examined. The results show that /z̩/ contains in the majority of cases frication noise in its initial phase superposed on voicing, and a clearer formant structure appears towards its end. The harmonic-to-noise ratio and zero-crossing rate analyses confirm this significant presence of noise, clearly distinguishing this segment from vowels. The smoothing-spline ANOVA analyses of ultrasound data show that /z̩/ has a near-identical tongue shape to /s/ on both mid-sagittal and coronal planes despite some speaker-specific differences. This /s/-like tongue shape is constant in bilabial and alveolar consonantal contexts. The variability in the way /z̩/ is phonetically implemented is argued to be a consequence of two interacting constraints: a structural one related to the distinctive status of /z̩/ and the role it plays within syllable structure, and a physical one related to the incompatibility of voicing and frication. The study further argues for the necessity of recognising syllabic fricatives in Jixi-Hui Chinese and probably also in other Chinese languages.
Soutenance de thèse Djegdjiga Amazouz
Elle sera présentée en français devant le jury composé de:
Rudolph Sock, LILPA/IPS, Université de Strasbourg, rapporteur
Kamel Smaili, LORIA, Université de Nancy, rapporteur
Barbara E. Bullock, University of Texas, examinatrice
Rachid Ridouane, LPP-CNRS Sorbonne Nouvelle, examinateur
Martine Adda-Decker, LPP-CNRS Sorbonne Nouvelle, directrice de thèse
Lori Lamel, LIMSI-CNRS Orsay, co-encadrante de thèse
Résumé:
Cette thèse traite du code-switching français-arabe algérien à l’aide d’outils de traitement automatique de la parole. Un corpus de 7h30 de parole de 20 locuteurs bilingues (5h de parole spontanée et 2h30 de parole lue) a été conçu, enregistré et annoté. L’un des premiers défis abordés a consisté à développer des méthodes de traitement des données telles que la segmentation en langues, la transcription du français et de l’arabe algérien. Les méthodes d’alignement automatique de la parole ont été adaptées pour traiter les données du code-switching en combinant deux systèmes d’alignement monolingues, produisant ainsi des transcriptions orthographiques et phonémiques avec des localisations temporelles dans les deux langues. Une expérience a été menée pour détecter automatiquement les changements de langue, mais cela reste un défi, en particulier pour les durées monolingues très courtes. Le second aspect de la recherche de cette thèse porte sur l’influence du système phonologique de la langue A sur la deuxième langue B dans la parole du code-switching, en l’occurrence les productions phonétiques de l’arabe et du français.
Le corpus annoté a été utilisé pour effectuer des études phonétiques sur la variation des voyelles et des consonnes en utilisant un paradigme de discrimination automatique de type ABX. Avec ce paradigme, nos résultats sur la variation de la production correspondent aux hypothèses a priori: considérant les voyelles périphériques /i, a, u/, des taux de variantes plus élevés sont mesurés en arabe algérien (40%) qu’en français (27%). Une comparaison avec des locuteurs de langue maternelle française suggère que les locuteurs bilingues ont des productions de voyelles plus conservatrices que les locuteurs natifs (34%), du moins dans le code-switching. Trois études sur la variation des consonnes ont également été menées: la gemination, l’emphatisation et le voisement. Globalement, les consonnes présentent des tendances similaires à celles des voyelles: 42% de taux de variantes pour l’arabe algérien et 30% pour le français en code-switching, contre 38% pour les natifs français. De futures études utilisant ce corpus novateur pourront contribuer à démêler l’interaction complexe entre la variation phonétique et les systèmes phonologiques chez les bilingues dans le code-switching.


